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A goat for a vote

Mots clés : Politique, citoyenneté, implication dans la société, élection, pouvoir, campagne électorale, représentation des femmes en politique

Public : à partir de 12 ans

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Durée : 50 minutes / Année de production : 2014 / Pays de production : Pays-Bas / Pays de tournage : Kenya / Langues du film : Anglais et Swahili / Langue des sous-titres : Français (Angl.)

Synopsis
A goat for a vote suit trois étudiants kényans en compétition pour devenir le prochain président de l’école. Gagner l'élection ne leur apportera pas seulement pouvoir et respect, mais garantit, pour le futur, un rôle au sein de la société kényane.
Magdalena doit faire ses preuves dans une école dominée par les garçons et qui n'a jamais été dirigée une jeune fille. Elle a la tâche impossible de réunir toutes les filles dans son combat pour l'égalité des droits. Harry, qui habite dans le quartier pauvre de la ville, espère gagner dans le but de pouvoir prendre soin de sa famille. Il se bat contre le populaire Saïd, qui est un leader né au sourire désarmant.

Biographie du réalisateur
Jeroen van Velzen a suivi des études pour devenir réalisateur de documentaires à l’Académie Néerlandaise du film et de la télévision à Amsterdam. En 2009, il obtient son diplôme de fin d’étude avec son film BABA, un documentaire sur un vieil homme en Inde qui fait un pèlerinage avec son frère. Son premier film suite à sa remise de diplôme, Wavumba, a eu un grand succès. Il a été projeté dans des festivals un peu partout dans le monde et a remporté de nombreux prix. En 2012, au Tribeca Film Festival à New York, Jeroen a gagné le prix du meilleur nouveau réalisateur.

Le mot du réalisateur
« Mes parents ont vécu au Kenya pendant 25 ans. Donc je un peu grandi là-bas. J’ai été en pensionnat en Angleterre mais j’ai passé une grande partie de ma jeunesse ainsi que plusieurs années à travailler et voyager en Afrique de l’Est. L’idée de A goat for a vote m’est venue quand je tournais un autre film. J’ai parlé avec quelqu'un qui dirigeait une école et il m’a parlé des élections et de la façon dont les enfants achetaient les votes. Ce concept d'enfants se soudoyant les uns les autres pour obtenir des votes m’a donné la motivation pour commencer le film sur la corruption au Kenya que je voulais faire. Réaliser un film sur la corruption au Kenya peut être un sujet très dangereux et il faut être très prudent. Il ne faut pas que le film vous affecte et il faut éviter de pointer du doigt les mauvaises personnes. Je pense que faire un film sur les enfants et leur manière innocente de copier ce qu'ils voient dans leur environnement est une façon de raconter une plus grande histoire. Quand les élections au Kenya en 2008-2009 ont mal tourné, il y aussi eu beaucoup de violence. Donc j’ai pensé que si les enfants avaient leurs élections en même temps que les élections présidentielles, je pouvais raconter une histoire directement avec l'autre. Et c’est à partir de là que tout a commencé.
Il y a beaucoup de lignes directrices entre autres avec Magdelena qui se bat pour l'égalité des femmes. Tous les personnages ont une histoire différente avec la société kenyane, et les luttes qu'ils ont. Le Kenya est l'un des pays les plus développés de l'Afrique de l’Est. Il a eu tenu le rôle de modèle pendant de nombreuses années. Malheureusement l'incident de 2008, a surpris le monde. Et même maintenant, les élections sont gérées et remporté par les personnalités riches et puissants. Donc la question est : Peut-on vraiment parler de démocratie maintenant au Kenya ? Et le Kenya prend-il la bonne direction ? Personnellement, je ne le pense pas. Je pense que le Kenya a fait un pas en arrière. Et il est très important pour les jeunes enfants d'apprendre l'importance du vote démocratique. Je pense que c’est une très bonne motivation que le gouvernement kényan incite les enfants à apprendre à voter. C’est une très bonne idée de faire voter les enfants pour leur président parce que, dans le passé, ce sont les enseignants qui le faisaient. »

 

 


Alisa in Warland

Mots clés : Europe, guerre, engagement, journalisme, éthique journalistique

Public : à partir de 12 ans

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Durée : 74 minutes / Année de production : 2015 / Pays de production : Pologne / Pays de tournage : Ukraine / Langues du film : Ukrainien et Anglais / Langue des sous-titres : Français (pour l’instant Anglais)

Synopsis
Alisa a 26 ans quand la révolution commence à Kiev. Elle est étudiante en école de cinéma, mais surtout, elle est ukrainienne. Ce film décrit son parcours de l’Euromaïdan à la guerre dans l'Est du pays. Il s’agit du témoignage sensible d’une jeune femme perdue dans un monde incertain, illustrant sa tragique expérience, ses sentiments, sa souffrance.
Alisa a été enlevée et gardée prisonnière par les séparatistes, qui l’ont prise pour un tireur d'élite de l'armée ukrainienne. Elle n’est alors plus seulement réalisatrice, mais devient actrice des événements.

Réalisatrices
Alisa Kovalenko est née en 1987 à Zaporizhzhya. Actuellement, elle est étudiante en troisième année à l'Université Nationale du Film et de la Télévision de Kiev, et plus particulièrement dans le département de la réalisation de film documentaire. En tant que cinéaste, elle a entre autres participé au projet pédagogique World from Dawn till Dusk (2011), ainsi qu’à Outisde of the Euros avec son court métrage documentaire Zosya et Zapara (2012).
Liubov Durakova est née en 1986 à Kharkov. Elle est diplômée de l'Université d'Etat de Moscou et plus particulièrement du département des mines et du pétrole. Pour le moment, elle étudie la réalisation de film documentaire à l'Université Nationale du Film et de la Télévision de Kiev. Elle a réalisé plusieurs films d'étudiants tels que Wałodzia, Teacher of History et Julia, her men and illusions.

 

Le mot d’Alisa Kovalenko

« Dans le contexte de ce film, nous n’avons choisi ni le sujet, le thème, ni les personnages de l'histoire, ils sont venus à nous. Et je n’ai jamais imaginé que ma vie personnelle et mes propres expériences feraient partie du film, et même que je deviendrais le personnage principal. Nous vivions notre vie, et notre vie est vite devenue la narration de ce film.

Avant que les événements en Ukraine ne commencent en Novembre 2013, mon amie Liubov a réalisé un court métrage sur moi dans notre école de cinéma à Kiev. Elle filmait notre vie. Et puis, tout à coup, la révolution a commencé, et nous sommes tous descendu sur la place de l’indépendance (Maïdan). A cette époque, nous n’avions pas une idée précise de ce que nous filmions, mais il était juste important d'être là. Il s’agissait de notre révolution, notre lutte, notre pays. Nous étudions le film documentaire à l'école de cinéma de Kiev, c’est pourquoi nous devions prendre une caméra et filmer ce qui se passait. Ensuite, Liubov a commencé peu à peu à me filmer.

Après la révolution, la Russie a envahi la Crimée et la guerre a commencé dans l'Est de l'Ukraine. Personnellement, je ne pouvais pas imaginer pour un réalisateur de documentaire ne pas y aller pour voir ce qu’il se passait de ses propres yeux ; parce que cette guerre se déroulait dans notre pays. Certains de mes amis sont allés au front, certains ont été blessés, ont perdu une main, une jambe, une tête, ils ont été démembrés par les bombes. Beaucoup ne sont pas revenus, et quand vous connaissez certains d'entre eux personnellement, vous savez définitivement qu'il s’agit aussi de votre guerre. »

 


 

CAMBRIDGE

Mots clés : Roms, ethnies désavantagées, exclusion, jeunes désavantagés, égalité des chances, réussite et intégration sociale grâce à l’éducation, engagement personnel, discrimination

Public : à partir de 14 ans

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Durée : 64 minutes / Année de production : 2015 / Pays de production : Bulgarie / Pays de tournage : Bulgarie / Langues du film : Anglais / Langue des sous-titres : Français (pour l’instant Anglais)

Synopsis
Dolni Tsibar est un grand village au Nord-ouest de la Bulgarie, l’endroit le plus pauvre de l’Union Européenne. 99% des villageois sont des membres de la communauté des voyageurs. Ce village bulgare est connu comme le “Roma Cambridge” parce que cette communauté gitane profite d’un niveau d’enseignement relativement élevé. Cambridge c’est un zoom sur la vie de l’école locale, où des enseignants engagés essayent d’aider les élèves à réaliser leurs rêves.

Biographie de la réalisatrice
Eldora Traykova est une réalisatrice qui réside actuellement à Sofia. Elle a étudié à la National Academy for Theater and Film Directing. Aujourd’hui elle a à son actif plus de 40 films documentaires dont Voices (2004) qui a obtenu une mention spéciale au Golden Rhyton National Documentary Film Festival et Cambridge (2015) qui a été sélectionné pour la compétition du IDFA.

Le mot de la réalisatrice

Cambridge c’est une année dans la vie de l'école primaire locale, où des enseignants dévoués essaient de donner aux enfants la meilleure éducation possible avec des ressources limitées. Dans un style contemplatif et sans voix-off, le film présente le village et ses résidents. Les enseignants, les enfants, les parents et les villageois parlent de leur vie quotidienne, de leurs origines et de leurs rêves.
En chemin, il devient clair que l'école elle-même n'est en rien différente de toute autre - ce sont les circonstances qui sont exceptionnelles. Les Roms sont encore traités comme des citoyens de seconde classe et font face à des discriminations quotidiennes.

Beaucoup d'enfants ont des parents qui travaillent dans d'autres pays, et la pauvreté est monnaie courante. Pendant ce temps, les enfants doivent étudier du mieux qu’ils peuvent s'ils veulent avoir une chance d'un avenir meilleur. A titre d’exemple on voit un père de famille très en colère parce que ses jumeaux ont récolté des notes entre A et B. Cela paraît disproportionné mais il devient clair que des notes inférieures pourraient mettre leur rêve d'aller au collège en péril. Comme punition, ils doivent prendre soin d'une chèvre pendant les vacances d'été.

 


Llevate mis amores

Mots clés : Réfugiés, pauvreté, migration économique, engagement personnel, cloisonnement, entraide, solidarité, le rôle des femmes

Public : à partir de 12 ans

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Durée : 84 minutes / Année de production : 2014 / Pays de production : Mexique / Pays de tournage : Mexique / Langues du film : Espagnol / Langue des sous-titres : Français

 

Synopsis
Le Mexique et les États­-Unis partagent la plus grande frontière de la planète entre un pays développé et un pays du tiers monde. Cette frontière est une passerelle pour des milliers de migrants prêts à affronter tous les dangers pour se rendre de l'autre côté, à bord d'un train surnommé « The Beast ». Sur leur chemin ils rencontrent les Patronas, un groupe de femmes mexicaines qui, depuis 1995, envoie chaque jour de la nourriture aux migrants démunis dès que le train passe. Ce documentaire offre une approche intimiste de la vie de ces femmes, une sorte de journal intime explorant le fossé entre la vie qu'on leur destinait et la vie qu'elles ont choisie.

Biographie du réalisateur
Arturo González Villaseñor est un réalisateur mexicain et critique de film pour le Magazine Proceso. Il a étudié la communication sociale à la Universidad Autónoma Metropolitana (UAM­X), avec une spécialisation en politiques publiques. En 2013 il a fondé la compagnie de production Acanto Films. Llevate Mis Amores est son premier long-métrage documentaire.

Le mot du réalisateur

« Las Patronas » est un groupe de 10 à 13 femmes que j’ai rencontré lorsque j’ai visité Veracruz. Leur nombre varie en fonction de la saison. Certaines apparaissent dans le film plus que d'autres, mais j’ai essayé de donner voix à toutes. Il me semblait important de les faire se décrire elles-mêmes - qui elles sont en tant qu'êtres humains. Je me suis rendu compte qu'il était très facile pour moi de les décrire. Vous et moi pourrions dire que ce sont des femmes magnifiques. Nous pourrions les étiqueter avec toutes sortes d'adjectifs positifs. Mais quand je leur ai demandé qui elles sont, elles se sont décrites en soulignant leurs défauts. Cela m'a impressionné. Malgré ce qui elles sont et ce qu'elles font, elles ne se glorifient pas. C'est un amour désintéressé. Elles se soucient simplement du simple fait d'aider les gens.

Elles ont vu la caméra comme un moyen d’expression. Elles ont parlé à la caméra comme à un ami. Pour la première fois, quelqu'un leur a demandé : « Comment ça va, comment vous sentez-vous ?» Cela a beaucoup contribué à ce qu’elles m’ouvrent leurs cœurs. Elles ont confié beaucoup de choses à la caméra qu'elles ne partageaient jamais. En fait, leurs confessions ont provoqué des frictions au sein du groupe. Elles avaient déjà été filmées dans le passé, mais mon film ne porte pas seulement sur l'immigration, il raconte leurs histoires et cela les a déstabilisés.
Llevate mis amores c'est ce moment fugace qui ne revient pas. Le titre embrasse tout ce qu'elles font : L'amour qu'elles mettent dans la cuisson de la nourriture, l'amour qu'elles mettent dans les mots d'encouragement qu'elles donnent aux migrants, l'amour maternel, l'amour d'un fils. Llevate mis amores décrit le moment où ces femmes transmettent la nourriture aux migrants au passage du train et ce sac de nourriture contient tout l'amour qu'elles leur donnent.

 

 

My Buddha is punk

Mots clés : Politique, citoyenneté, implication dans la société, élection, pouvoir, engagement des jeunes, moyens d’agir, trouver sa place dans la société, s’exprimer, défendre ses convictions

Public : à partir de 12 ans

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Durée : 68 minutes / Année de production : 2015 / Pays de production : Birmanie / Pays de tournage : Birmanie / Langues du film : Birman / Langue des sous-titres : Français & Anglais

Synopsis
Kyaw Kyaw, un jeune birman de 25 ans, rêve d’une révolution musicale punk dans son pays. La dictature militaire a effectué quelques réformes démocratiques, mais Kyaw Kyaw reste sceptique ; le pays est encore loin de changer. Avec les membres de son groupe, il essaye de sensibiliser la population aux violations constantes des droits de l’homme dont elle est victime. A travers sa musique et au cours de manifestations, il critique la guerre civile et les persécutions des minorités ethniques. Il décide d’entamer alors un long voyage à travers le pays pour promouvoir sa philosophie auprès des jeunes générations, prônant une symbiose entre le bouddhisme et la culture punk et rejetant tout précepte religieux et doctrine politique.

Biographie du réalisateur
Andreas Hartmann est né en 1983 à Paderborn en Allemagne. Il est réalisateur de documentaire et cinéaste basé à Berlin. Entre 2005 et 2011, il étudie la technique de réalisation à la Film University of Babelsberg Konrad Wolf. Son premier documentaire Days of Rain (2010), produit au Vietnam, est projeté en Avant-Première au International Documentary Film Festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou de Paris. Son projet de fin d’études Little Thirteen (2012) a été projeté dans de nombreux festivals (Munich, Warsaw, São Paulo) dont en 2013, le International Film Festival, où il a été pré­selectionné pour les nominations pour le German Film Awards. Entre 2012 et 2013, Andreas Hartmann DAAD boursier au Myanmar pour produire son second long métrage documentaire My Buddha is Punk (2015), qui a été projeté en avant-­première à la 56ème édition du International Documentary Film Festival dei Popoli à Florence.

Pour aller plus loin

Avec son groupe Punk, Kyaw Kyaw sensibilise la population aux violations continuelles des droits de l'homme. Par sa musique et ses démonstrations, il critique la guerre civile en cours et la poursuite des minorités ethniques. Il voyage à travers le pays pour promouvoir sa propre philosophie parmi la jeune génération : Une symbiose du bouddhisme et du punk qui rejette toute règle religieuse et doctrine politique.
Mais tout en luttant pour la liberté et en prêchant l'importance de l'autonomie individuelle, il fait face à la difficulté de rester fidèle à ses propres idéaux.  Ce film pose la question   de la place et de l’engagement des jeunes dans la société. 
Dans nos sociétés démocratiques occidentales, les jeunes ont souvent l’impression que leur voix ne compte pas. A ce titre, l’exemple de Kyaw Kyaw est édifiant, il nous montre que l’on peut toujours agir et surtout, il réhabilite le rôle réel de l’artiste dans la société : celui de lanceur d’alerte. Il se fait l’avocat des causes qui lui tiennent à cœur par la musique. Son art lui permet d’être au plus proche de la vie des gens et des préoccupations de ses concitoyens. Face à tant d’engagement on se dit qu’en chacun de nous sommeille un acteur du monde de demain car nous sommes tous des décideurs.

 

Marzia, my friend

Mots clés : Egalités des chances, égalités des sexes, condition de la femme, liberté d'expression, liberté de mouvement

Public : à partir de 12 ans

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Durée : 80 minutes / Année de production : 2015 / Pays de production : Finlande / Pays de tournage : Afghanistan et Finlande / Langues du film : Anglais, Finnois et Persan / Langue des sous-titres : Français (pour l’instant Anglais)

Synopsis
(sur le site internet International Documentary Film Festival Amsterdam)
Marzia, my friend est l'histoire d'une femme afghane dans la vingtaine, qui - comme tous les jeunes - rêve d'amour, de liberté et d’un travail intéressant. Marzia rêve de paix et d'indépendance. Mais parce qu'elle vit en Afghanistan, ses rêves sont révolutionnaires. En fin de compte, l'histoire de Marzia devient un symbole de la lutte plus large des femmes afghanes : celui du droit de prendre des décisions au sujet de sa propre vie. Le film suit la vie de Marzia du printemps 2011 à la fin de 2014, lorsque les troupes internationales étaient censées quitter l'Afghanistan.

Réalisatrice
Kirsi Mattila est une réalisatrice, scénariste de documentaires et une journaliste indépendante. Elle travaille comme journaliste depuis 1980 et est diplômée

en philosophie depuis 1993 avec une majeure en recherche théâtrale. Depuis 1994, Mattila a écrit et réalisé un grand nombre de programmes éducatifs et de documentaires pour la télévision et le cinéma.

Le mot de la réalisatrice

En 2011, je me suis rendue à Kaboul, en Afghanistan, dans le cadre d'un programme de formation de journalistes locales. Là, j’ai rencontré Marzia, une jeune femme afghane et journaliste de télévision. A seulement 19 ans, Marzia a de grands rêves : elle veut aller à l'école de droit, puis faire de la politique. Elle veut voyager, être active et travailler pour son pays. Mais il y a aussi de nombreux obstacles : Marzia s'inquiète du retour des talibans après le retrait des troupes internationales. Elle se bat avec la désapprobation de ses voisins (le journalisme est une profession problématique pour les femmes car il les oblige à interagir avec les hommes) ainsi que l'ambivalence de sa famille et de son fiancé. Une fois rentrée en Finlande, Marzia m’a envoyé un e-mail. On a commencé une correspondance et je lui ai rendu visite au cours des quatre années qui ont suivies.
Marzia m’a présenté à ses amis et sa famille, m’offrant une fenêtre sur un pays habituellement fermé aux étrangers. J’ai essayé de documenter la vie de Marzia, sa lutte pour prendre des décisions sur son avenir. Dans le processus, elle a entamé une grande réflexion sur la position des femmes afghanes ainsi que les possibilités et les limites de l'amitié.

 

 

La Chambre vide

Mots clés :  Syrie, trouver sa place dans la société, rôle de la famille, jihad, endoctrinement des jeunes, contre le discours de haine, extrémisme religieux

Public : à partir de 14 ans

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Durée : 58 minutes / Année de production : 2015 / Pays de production : Belgique / Pays de tournage : Belgique et Syrie / Langues du film : Français et Arabe / Langue des sous-titres : Français

 

Synopsis
En août 2013, du jour au lendemain, Sabri, le fils de Saliha, a quitté leur maison confortable de Bruxelles pour partir en Syrie "faire le djihad". Il avait 19 ans. Trois mois plus tard, ses parents, ses frères et sa petite sœur apprennent brutalement son décès "présumé". De Sabri, que sa famille dévastée continue à aimer et à pleurer, ne reste qu'une chambre vide, peuplée de souvenirs déconnectés du combat mortifère qu'il a embrassé. Face à ce deuil difficile, Saliha, la mère de Sabri, s’associe à d’autres parents victimes de la disparition de leur enfant. Depuis la France et la Belgique, elle témoigne de son deuil, pour agir, à sa manière, face à cette situation.

Biographie de la réalisatrice
En 1992, après avoir fini les études de langues et littératures françaises et anglaises à la Faculté des Lettres à l'Université de Ljubljana (en Slovénie), Jasna Krajinovic s'inscrit à l'Académie de Cinéma et de Théâtre où elle reste deux ans. Ensuite elle poursuit ses études de cinéma à l'Insas à Bruxelles, en section de réalisation. Elle obtient son diplôme en 1999. Depuis, elle se consacre au cinéma documentaire : Saya et Mira, rêves perdus (2003), Deux sœurs (2006), La Chambre de Damien (2008) et Un été avec Anton (2012). Son dernier film, La chambre vide (2015), s’attarde sur le combat d’une mère contre le radicalisme religieux.  

Pour aller plus loin
Dans « La Chambre vide », Jasna Krajinovic, suit les pas de Saliha Ben Ali, la mère de Sabri, qui témoigne :
« Au début, vous pensez que cela n’arrive qu'à vous. Les voisins racontent que nous avons mal élevé nos enfants, que nous ne leur avons pas enseigné les principes de l'Islam. Mais quand vous parlez à d'autres familles, vous vous rendez compte que ce n'est pas votre faute. Il y a un recruteur, un système, des réseaux. Ça pourrait arriver à n'importe qui. »
Le 27 mai, le Parlement flamand a adopté une résolution comprenant l'établissement d'une ligne téléphonique directe pour les travailleurs sociaux, les parents et les enseignants, pierre angulaire de la Programme de prévention du gouvernement. Ils peuvent demander de l'aide ou signaler des comportements inquiétants. La résolution recommande également d'offrir un soutien psychologique aux proches des combattants, de réhabiliter ceux qui sont rentrés et d'établir un programme de formation de nouveaux imams parlant le néerlandais et le français.
« C'est la première fois que les politiciens nous ont donné la parole, nous ont écoutés et ont accepté bon nombre des choses que nous leur avons demandé », a déclaré Ben Ali. D‘ailleurs le fait de raconter son histoire a aidé une mère à prendre conscience de la radicalisation de son fils. Il se désengageait lentement de sa famille, coupait la musique en voiture, enlevait des photos des murs, sortait avec de nouveaux amis, abandonnait l'école et changeait la façon dont il s'habillait. Avec de l'aide, cette mère a pu éloigner son fils des recruteurs qui cherchaient à l’influencer.


No cow on the ice

Mots clés : immigration, intégration, identité, apprentissage des langues, interculturalité

Public : à partir de 12 ans

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Durée : 63 minutes / Année de production : 2015 / Pays de production : Espagne / Pays de tournage : Suède et Espagne / Langues du film : Anglais, Suédois, Espagnol / Langue des sous-titres : Français (pour l’instant Anglais)

Synopsis
Un jeune cinéaste galicien émigre en Suède, où il exerce différents emplois à temps partiel. Son apprentissage d'une nouvelle langue et sa fascination pour le paysage suédois vont lui permettre d'aller de l'avant malgré des conditions de vie difficiles. En découvrant la culture, la société et le mode de vie suédois, il développe une nouvelle identité.

Réalisateur
Eloy Domínguez Serén est né en 1985 en Galice. Il a étudié à Salamanque, Milan et Barcelone, où il a été diplômé en 2010. En 2012, il a immigré en Suède, où il a tourné son  premier de court métrage Pettring. Son film Ingen ko på isen a été projeté pour la première fois en avril 2015 au festival Visions du Réel en Suisse. Il est actuellement en post-production pour son film Midwinter, une production norvégienne dans le cercle polaire arctique.

Le mot du réalisateur
« Quand je suis arrivé en Suède pendant l'été 2012, je savais peu de choses sur ce pays. Ma perception de cet endroit était principalement basée sur un imaginaire historique, quoique peu précis, défini par certains événements clés de la politique et de la culture suédoise pendant le 20ème siècle. Par ailleurs, la lecture de l’autobiographie de Jonas Mekas, I Had Nowhere to Go, m’a très fortement marqué et a été une grande source d’inspiration pour réfléchir à ma propre expérience en tant qu'immigrant.
Pendant deux ans, j’ai documenté mon expérience à Stockholm à la fois en images et par écrit, de manière à ce que mes images soient régulièrement accompagné par des textes dans mon journal, et vice versa. En faisant cela, j’explorais mon nouvel environnement à travers des images et des sons, et en même temps j’y réfléchissais à travers mon écriture. J’apprenais même le lexique suédois pour toutes ces images, sons et pensées. Ainsi, cette procédure simple et directe a permis aux différents moyens d'expression de fusionner harmonieusement dans ce film. »

Pourquoi travailler avec ce film ?
Alors que l’immigration vers l’Europe ne cesse d’augmenter, Ingen ko på isen est le film idéal pour entamer une réflexion sur l’immigration et l’intégration dans un nouveau pays, une nouvelle culture et une nouvelle langue. En effet, il nous semble important d’aborder le sujet avec les jeunes. Le film d’Eloy Dominguez Seren est particulièrement intéressant parce que sa démarche est positive et volontariste. Son intégration n’est pas facile. A son arrivée, il souffre de la solitude, mais il ne se décourage pas. Il apprend la langue et finit petit à petit par s’intégrer et aimer son nouveau pays.

Comment utiliser ce film ?
Ce film peut être visionné dans le cadre de plusieurs cours différents. En cours d’Histoire et de Géographie pour aborder la question de l’Europe et des flux migratoires, en cours de langue ou encore au cours de morale/citoyenneté pour entamer la discussion sur des sujet tels que l’Europe, l’immigration ou la recherche d’identité et le vivre ensemble.

Thématiques

  • Apprentissage de la langue

Pensez-vous que l’apprentissage de la langue est nécessaire/indispensable à l’intégration dans un pays ? Pensez-vous qu’il a raison de se donner autant de mal ? Est-il possible de s’intégrer dans un nouveau pays et refusent d’en apprendre la langue ?

  • Intégration/vivre-ensemble

Quelle est la stratégie qu’Eloy emploi pour s’intégrer en Suède ? Que pensez-vous du comportement de ses collègues/son entourage ?

  • Recherche d’identité

Quelle est l’influence de la langue et de la culture sur note identité ? Notre identité peut-elle évoluer ?

  • Paysage

Pensez-vous que l’acclimatation à son nouvel environnement naturel est important ? Quelle est l’influence du climat et du paysage sur notre comportement ?


 

The Queen of silence

Mots clés : Roms, exclusion sociale, jeunes défavorisés, handicap, accès aux soins, créativité & talent

Public : à partir de 14 ans

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Durée : 80 minutes / Année de production : 2014 / Pays de production : Allemagne & Pologne / Pays de tournage : Roumanie / Langues du film : Roumain & Polonais / Langue des sous-titres : Français & Anglais

Synopsis
Denisa, jeune fille Rom de 10 ans, ne sait pas parler et personne ne lui a diagnostiqué ses problèmes auditifs. Elle vit dans son monde fait de rythme et de danse où elle se glisse dans la peau des femmes glamour apparaissant dans les DVDs Bollywood qu’elle trouve dans les poubelles. La danse lui permet de se sentir reine et d’exprimer ce qu’elle ne peut dire avec des mots : la joie, la tristesse et la peur.

Biographie de la réalisatrice
Pendant 12 ans, Agnieska Zwiefka (réalisatrice et productrice) a travaillé avec TVP en tant qu’auteur de divers programmes de télévision et de courts métrages documentaires. En 2007, elle obtient son doctorat en Nouveau Media et depuis, elle travaille comme professeur de Journalisme Télévisé et de Films Interactif à l’Université de Wroclaw. En 2010, elle fonde la compagnie Chilli Productions, qui se concentre sur les documentaires créatifs. Elle est l’auteur d’un film documentaire abordant le thème des réalisateurs sans domicile fixe: Albert Cinema (2013). The Queen of Silence (developed during ESoDoc and DOK.Incubator) est son premier long métrage.

Le mot de la réalisatrice

Quand je suis entré dans le camp des Roms pour la première fois, j'ai été étonné par l'écrasante présence de la musique et de la danse et par l'imagination des enfants.
Parmi eux j'ai trouvé Denisa. Ou plutôt, elle m'a trouvé, m'invitant à dans son monde, en précisant qu'elle veut raconter son histoire et qu'elle est consciente de ce que la présence de mon appareil photo signifie pour elle - un moyen de communiquer avec d'autres personnes. J'ai accepté cette invitation et la responsabilité qui en découle en essayant d'être avec elle dans les moments drôles et tragiques, en montrant la vie quotidienne des gitans à travers ses yeux. J’ai le sentiment que nous avons dirigé ce film ensemble, parce que sans ses idées et son imagination cela n'aurait pas été possible. Je savais que Denisa était une fille très spéciale dès le premier moment où je l'ai rencontré. Je me suis rendu compte qu'il était impossible de faire un cliché sans qu’elle apparaisse dessus, comme si elle voulait attirer l'attention qu'elle n'a jamais reçue. J'étais là quand Denisa a découvert Bollywood, lorsque la communauté a été menacée d'expulsion et quand elle a eu la chance d'entendre pour la première fois dans sa vie. Et de retour au monde du silence car Denisa a décidé de ne pas entendre.
Beaucoup de gens me demandent où est Denisa maintenant. Elle est toujours en Roumanie, toujours sans ses parents - mais je crois fermement que ce n'est pas la fin de l'histoire, et que la reine va revenir. Denisa et les autres enfants m'ont beaucoup appris sur la joie de vivre. Je pense que c'est une leçon dont nous pouvons tous bénéficier. Ils vivent toujours dans le présent, ne pensant jamais trop à l'avenir ou au passé. Essayer de profiter de ce que la vie apporte, même quand elle n'a pas beaucoup à offrir.


 

Vers une inconditionnelle liberté

Mots clés : Incarcération, prison, deuxième chance, théâtre, aide, réinsertion sociale et sensibilisation

Public : à partir de 14 ans

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Durée : 56 minutes / Année de production : 2015 / Pays de production : Belgique et France / Pays de tournage : Belgique / Langues du film : Français

Synopsis
Jean Marc Mahy est entré en prison à l’âge de dix-sept ans et demi. Il en est sorti dix-neuf ans plus tard après un long séjour dans un autre monde, un monde parallèle, qui vit et respire à son propre rythme, avec ses propres lois. Un monde oublié par la communauté. Vers une inconditionnelle liberté nous fait vivre les six derniers mois de sa liberté conditionnelle en nous emmenant dans son quotidien : au théâtre où il joue Un Homme Debout, une pièce qu’il a coécrite pour raconter son histoire, et dans les universités et les centres fermés pour adolescents où il parle de son parcours. Se dessine alors le portrait d’un homme qui parle du droit à exister après avoir payé sa dette à la Justice même si elle ne pourra jamais l’être à la société.

Biographie des réalisateurs
Vartan Ohanian nait le 14 octobre 1962 à Lyon. Fils du Photographe, Rajak Ohanian, c’est dans le labo de celui-­ci qu’il étudie la photographie. Il fait ensuite des études à  l’École Nationale des Beaux­Arts de Lyon. En 1988 il « monte » à Paris et devient opérateur de prise de vue en film et en vidéo. Il coopère avec de nombreux réalisateurs pour la télévision. En 1998, il devient lui­-même réalisateur d’émission de télévision. De part sa formation artistique, les Arts Plastiques tiennent aussi une place importante dans son travail, et lui permet de suivre des artistes de différentes générations dans leurs réalisations. 25 ans de travail, de recherches et de rencontres l’amènent aujourd’hui sur le terrain d’une humanité à protéger et défendre et de co­réaliser avec Serge Challon le documentaire, Vers une inconditionnelle liberté. 
Diplômé de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles (École d’Art du Ministère de la culture) et de l’Université Lyon II (DEA sciences de l’information) Serge Challon devient éditeur au service Photo du quotidien national Libération. En 1988 il crée l’agence de photographes Editing. C’est au printemps 2011 que Serge Challon découvre la personnalité, l’histoire et les engagements de Jean Marc Mahy. Serge Challon et Vartan Ohanian avaient déjà travaillé ensemble plusieurs années auparavant et ils se sont retrouvés sur l’importance de réaliser ce documentaire sur la question que pose ce personnage du droit des condamnés de vivre à nouveau dans la communauté après avoir payé leur dette à la justice.
Pour aller plus loin

« Les gens pensent généralement que mon histoire commence au moment de mon passage à l’acte. Non, chez moi, cela a commencé à l’âge de huit ans, lorsque mon monde s’est écroulé. La séparation de mes parents suivie d’un divorce et surtout le déchirement d’être séparé de mes frères. Ce fut la plongée dans la violence. Jusqu’à l’âge de douze ans, mes déménagements successifs entrainèrent des changements d’école intempestifs où finalement je ne trouvais jamais ma place. Ma transgression m’a porté vers des modèles identificatoires négatifs. J’étais conscient de cette escalade qui me menait sur le chemin de la délinquance. Je ne la niais pas, au contraire, j’ai tenté d’y trouver des réponses. Mais faute d’une autorité adulte responsable, j’ai préféré prendre la fuite. L’absence d’un cadre, de repères essentiels m’a tout bonnement plongé dans le monde de la nuit, les bandes, la boisson, les bagarres… J’ai été condamné. En prison, je vais véritablement exploiter mes qualités et mon potentiel, par la lecture, l’écriture... Le 27 mars 1990, je quittais le pays des morts pour rejoindre celui des vivants. Sur le chemin me ramenant vers la communauté, je me suis dit : si tu peux faire quelque chose pour les autres, fais-le. »